Accompagner un proche au quotidien, c’est un engagement à part entière, mais qu’en est-il de votre retraite ? En 2025, des dispositifs existent pour ne pas être pénalisé malgré une activité réduite ou interrompue. Trimestres validés, aides cumulables, départ anticipé : on fait le point sur vos droits retraite en tant qu’aidant familial.

Un aidant familial peut-il valider des trimestres de retraite ?

Dans quels cas les trimestres sont-ils attribués automatiquement ?

Dans plusieurs cas et à condition que le statut d’aidant familial soit reconnu officiellement, des trimestres peuvent être attribués automatiquement, sans besoin de cotisation :

  •       si vous percevez l’Allocation Journalière de Présence Parentale (AJPP) pour accompagner un enfant gravement malade, handicapé ou accidenté ;
  •       si vous bénéficiez de la Prestation de Compensation du Handicap (PCH) pour un enfant ou un adulte handicapé à charge ;
  •       si vous avez interrompu ou réduit votre activité pour vous occuper d’un proche bénéficiant de l’APA ou de la PCH (selon certains critères).

Faut-il cotiser pour les valider ? Le rôle de l’assurance vieillesse gratuite (AVPF)

Les aidants peuvent bénéficier de l’Assurance Vieillesse du Parent au Foyer (AVPF). Ce dispositif permet de cotiser gratuitement pour la retraite, sans verser soi-même de cotisations. Pour en bénéficier, vous devez :

  •       accompagner un proche handicapé ou dépendant de manière régulière dans le cadre d’une aide à domicile ;
  •       ne pas dépasser un certain plafond de ressources ;
  •       être reconnu comme aidant familial dans le cadre de la PCH ou de l’APA.
Bon à savoir : Grâce à l’AVPF, un aidant familial peut valider jusqu’à 4 trimestres de retraite par an, comme s’il exerçait une activité salariée.

Quelles aides retraite sont accessibles si vous arrêtez de travailler pour aider un proche ?

Peut-on toucher une allocation et valider des trimestres ?

Oui, il est possible de percevoir une aide financière sans compromettre la validation des trimestres de retraite. C’est notamment le cas si vous bénéficiez de l’AJPA (Allocation Journalière du Proche Aidant) tout en étant affilié à l’Assurance Vieillesse du Parent au Foyer (AVPF). Ces deux dispositifs sont compatibles !

L’impact du congé proche aidant sur votre carrière

Le congé proche aidant permet aux salariés du privé (et à certains agents publics) de s’absenter temporairement de leur poste pour aider un proche en perte d’autonomie. Il est non rémunéré par l’employeur, mais vous pouvez bénéficier de l’AJPA durant cette période.

 

Pendant ce congé, vous ne cotisez pas automatiquement pour la retraite, sauf si vous êtes affilié à l’AVPF. Pensez donc à en faire la demande auprès de la CAF ou du département.

AJPA : combien et pendant combien de temps ?

L’Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA) est versée par la CAF ou la MSA pour compenser une perte de revenus liée à l’arrêt ou à la réduction d’activité. En 2025, son montant est d’environ 62 € net par jour pour une personne seule, versé dans la limite de 66 jours sur l’ensemble de la carrière pour un même proche aidé.

 

Cette aide peut être prise en continu ou fractionnée (par exemple un jour par semaine) selon vos besoins. Elle peut également ouvrir droit à l’AVPF, ce qui permet ensuite de valider des trimestres de retraite pendant cette période.

Peut-on partir plus tôt à la retraite quand on est aidant ?

Quelles conditions pour un départ à taux plein à 65 ans ?

Depuis la réforme des retraites de 2023, certains aidants peuvent partir à la retraite à taux plein dès 65 ans, même s’ils n’ont pas tous leurs trimestres. Pour cela, il faut remplir des conditions précises :

  •       avoir interrompu ou réduit son activité professionnelle pour s’occuper d’un proche en perte d’autonomie ;
  •       avoir été affilié à l’Assurance Vieillesse du Parent au Foyer (AVPF) pendant au moins 30 mois ;
  •       être non indemnisé pour cet accompagnement (donc non salarié, mais reconnu comme aidant non professionnel).
Bon à savoir : Ce départ anticipé ne signifie pas une retraite plus précoce, mais une non-application de la décote si vous n’avez pas tous vos trimestres.

Que change la réforme 2023 pour les aidants ?

La réforme des retraites de 2023 a marqué une avancée importante pour les aidants familiaux. En plus de l’accès à un taux plein à 65 ans (au lieu de 67 ans pour les autres), elle a permis une meilleure reconnaissance du rôle des aidants dans le calcul des droits à la retraite. Ainsi, ils ne sont pas pénalisés sur leur pension malgré un parcours professionnel fragmenté.

 

Ce que ça change concrètement :

  •       validation de trimestres plus transparente grâce à l’AVPF ;
  •       reconnaissance du temps passé auprès d’un proche dans les carrières longues ;
  •       meilleure prise en compte des interruptions d’activité pour raisons familiales dans le calcul de la retraite.

Comment prouver son rôle d’aidant pour bénéficier d’un départ anticipé ?

Pour bénéficier d’un départ à taux plein à 65 ans, il faut donc justifier officiellement de son rôle d’aidant familial. Cela passe par plusieurs éléments :

  •       une attestation d’affiliation à l’AVPF (délivrée par la CAF ou le département) ;
  •       des preuves d’interruption ou de réduction d’activité (arrêt de travail, congé proche aidant, etc.) ;
  •       une reconnaissance officielle de la perte d’autonomie de la personne aidée (APA, PCH, MDPH, etc.).

 

Il est ainsi très important de conserver tous les justificatifs liés à votre accompagnement (courriers, attestations, décisions d’attribution d’aides) et de signaler votre situation à l’Assurance retraite lors de la préparation de votre départ.

Que se passe-t-il si vous percevez la PCH ou êtes rémunéré par un proche ?

Les montants perçus comptent-ils pour la retraite ?

Si vous êtes dédommagé via la PCH pour votre rôle d’aidant familial, ce montant n’est pas pris en compte pour le calcul de votre retraite. En effet, le dédommagement PCH ne donne pas droit à des trimestres ni à des cotisations sociales classiques, sauf si vous bénéficiez en parallèle de l’AVPF.

 

En revanche, si vous êtes rémunéré en tant que salarié via le CESU ou l’APA, ces revenus sont déclarés et ouvrent droit à des trimestres de retraite comme tout emploi déclaré.

Peut-on cumuler PCH, AJPA et trimestres AVPF ?

Oui, plusieurs solutions pour les aidants peuvent être cumulées, à condition de respecter les critères d’éligibilité :

  •       vous pouvez percevoir la PCH (en tant que personne aidée) et rémunérer un proche aidant tout en permettant son affiliation à l’AVPF ;
  •       un aidant familial peut toucher l’AJPA (allocation journalière du proche aidant) et être affilié à l’AVPF en parallèle ;
  •       le cumul PCH + AVPF + AJPA est donc possible, mais il dépend de votre situation (revenus, type de lien avec la personne aidée, reconnaissance officielle du rôle d’aidant, etc.).

Quelle différence entre aidant salarié et aidant bénévole ?

Un aidant salarié est rémunéré de manière déclarée (via l’APA, le CESU ou un contrat de travail) et bénéficie d’un statut professionnel : il cotise pour la retraite, perçoit une fiche de paie, bénéficie de droits sociaux (congés, assurance maladie, etc.).

 

Un aidant bénévole, ou aidant « non professionnel », n’est pas salarié ni rémunéré directement. Il peut recevoir un dédommagement via la PCH, mais cela ne constitue pas un salaire. Pour que cette période compte pour la retraite, il doit donc être affilié à l’AVPF.

Comment faire valoir ses droits retraite en tant qu’aidant ?

Où faire la demande d’AVPF ?

La demande d’affiliation à l’AVPF se fait auprès de l’organisme qui gère la situation de la personne aidée :

  •       la CAF si la personne accompagnée perçoit la PCH ou si vous êtes bénéficiaire de l’AJPA ;
  •       le conseil départemental dans le cadre d’un plan d’aide APA.

 

C’est ensuite l’organisme concerné qui prendra en charge vos cotisations auprès de l’Assurance retraite.

Quelles erreurs éviter pour ne pas perdre de trimestres ?

Sachez que vous pouvez contacter un point conseil retraite gratuit pour faire le point sur votre carrière, vos justificatifs et les démarches à réaliser avant votre départ. Mieux vaut s’y prendre plusieurs mois à l’avance !

 

Parce que l’erreur la plus courante, c’est de perdre des droits sans le savoir ou à cause d’un oubli administratif :

  •       Ne pas demander l’AVPF : ce dispositif n’est pas automatique, même si vous percevez un dédommagement ou que vous êtes aidant à temps plein.
  •       Délaisser les démarches administratives : sans dossier complet (CAF, MDPH, département), votre rôle d’aidant risque de ne pas être reconnu par les caisses de retraite.
  •       Penser que le dédommagement PCH suffit à valider des trimestres : ce n’est pas le cas sans affiliation à l’AVPF !
  •       Ne pas signaler votre situation à la CARSAT lors de la demande de retraite : cela peut engendrer un oubli de trimestres validés via l’AVPF.
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